visuel axe 1Cet axe est adossé à une réflexion théorique au carrefour de plusieurs développements historiographiques porte principalement sur l’histoire atlantique. Elle doit être considérée aussi comme une matrice théorique devant être mise à l’épreuve, un réservoir de problématiques en dialogue avec d’autres espaces au fonctionnement comparable (et non similaire) et en contact évident avec l’Atlantique. Naturellement, un tel projet mène à l’histoire connectée, globale, transnationale ou mondiale, dont la variété des appellations dit une certaine imprécision, parfois due sans doute à l’ampleur des espaces traités. A partir de cet arrière-plan théorique, trois grandes thématiques ont été retenues.

Variétés des processus et vécus migratoires


Un premier point consistera à s’interroger sur les types de migrations, en mesurant ce que toute typologie peut avoir d’artificiel mais en demeurant persuadé de la valeur heuristique d’une telle démarche. L’accent portera sur quelques groupes et figures fortes qui peuvent s’éloigner des canons historiographiques et dont il faut interroger les modalités et la variabilité dans le temps et dans l’espace, de même qu’il faut poser la question des conditions de transport des migrants et des effets retour de ces migrations. Plusieurs aspects seront envisagés : les diverses formes de migrations contraintes (la traite, l’engagisme asiatique, les déplacements de populations liées aux violences de guerre et aux atrocités, les circulations impériales) ; les migrations religieuses et les communautés de foi ; les migrations liées aux processus de créations identitaires et/ou de politisation. Un deuxième point vise à atteindre le vécu des acteurs de ces migrations et leurs parcours, qu’il s’agisse des groupes, des familles et des individus. La restitution de l’intimité de ces expériences pourra être menée à partir de l’étude de sources comme les correspondances ou encore les journaux intimes (écrits du for privé), ce qui peut permettre la mise en oeuvre de pratiques d’écritures historiennes innovantes. Le suivi des parcours migratoires est tout aussi nécessaire.

Les villes-ports : types, formes et sociétés


Un premier aspect consistera à s’interroger sur la notion de villes portuaires en faisant varier la focale, afin de pouvoir comparer et articuler les expériences de ces lieux d’interface à différentes échelles spatiales des rives concernées par l’histoire atlantique, prioritairement, puis en pénétrant l’intérieur des continents et, enfin, à une échelle plus restreinte pour interroger la notion de « complexe portuaire » ou d’ « aire portuaire ». Le deuxième aspect portera sur l’histoire des formes urbaines des villes ports à travers l’étude de la morphologie urbaine portuaire, le patrimoine bâti et immatériel issu des migrations et la circulation de modèles de villes portuaires. Le troisième point concerne l’étude des sociétés portuaires et maritimes. Il s’agit ici de renouveler un chantier ancien qui nécessite de nouveaux éclairages. Il nous faudra ainsi considérer les villes ports comme lieux de rencontre-confrontation de rythmes (technologiques, sociaux, culturels), et de réinvention d’identités (sociales et culturelles) ; le passage de sociétés esclavagistes à des sociétés de migrants ; la construction d’identités genrées, leur rapport à la structuration de l’espace urbain

Circulations des savoirs, des techniques et des biens


Ce thème est lié en profondeur aux deux autres : il ne peut y avoir de circulations des savoirs, des techniques et des biens sans circulation des hommes et lieux où opèrent ces circulations. La typologie ci-dessous, comme celle concernant les migrations, n’a pas vocation à figer des types de circulations mais à repérer ce qui peut s’emboîter et s’interconnecter : les circulations des productions culturelles, qui sont des biens, articulant histoire des individus et histoires collectives ; la circulation des biens et des personnes doit également être interrogée pour mieux connaître les conditions de transport des passagers et les formes de traversées ; l’étude de la formation et de l’évolution spatio-temporelle des réseaux (de biens, de savoirs, de négociants, etc.) serait le corollaire de ces questionnements, en étant particulièrement attentif à l’interaction des dynamiques continentales et atlantiques, et au-delà vers d’autres espaces maritimes.

Coordinatrice de l'axe 1 :

Françoise LE JEUNE
Françoise LE JEUNE