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APPEL A COMMUNICATIONS : Espaces Anarchistes (c. 1870 à aujourd’hui)
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Le 28 janvier 2027false false
ESPACES ANARCHISTES : PRATIQUES, IDÉES, RÉSEAUX (C. 1870 À AUJOURD’HUI)
28-29 JANVIER 2027
Ce colloque a pour objectif d’interroger les espaces que les anarchistes revendiqué·es comme les personnes pratiquant des formes d’anarchisme(s) sans s’en prévaloir, ont investi, produit et contesté depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Nous entendons ici « espace » dans un sens étendu : à la fois matériel et immatériel, idéologique et symbolique, pérenne ou temporaire, intégré ou liminaire, partagé ou affinitaire, réel ou imaginé… « Anarchisme » est également défini de manière inclusive : peuvent-être considérés comme tels des espaces constitués autour et en filiation avec le mouvement anarchiste, dans toute sa pluralité, mais aussi des espaces, qu’ils soient autonomes, autogérés, anti-autoritaires ou libertaires, intégrant plus ou moins implicitement l’anarchisme en tant que pratique quotidienne, militante et révolutionnaire.
Les propositions pourront s’inspirer de l’un ou plusieurs des quatre axes suivants : (1) productions anarchistes de l’espace ; (2) espaces de discussions anarchistes ; (3) circulations, réseaux et mobilités ; (4) mémoires et archives. Toutefois, la manière dont nous envisageons ces axes n’est ni exclusive ni prescriptive. Les communications pourront évidemment articuler plusieurs d’entre eux et même, dans une certaine mesure, les déborder.
Axe 1. Productions anarchistes de l’espace
L’axe 1 s’intéresse aux matérialités, aux expériences et aux lectures anarchistes des espaces, qu’ils soient urbains ou ruraux, plus ou moins artificialisés, habités ou simplement fréquentés, ouverts ou fermés. On peut penser ici aux communautés intentionnelles qui, depuis le dix-neuvième siècle, s’implantent dans le monde entier. On pourra aussi considérer les espaces de rencontres, d’actions et de sociabilités comme la rue, les clubs ou les cafés, les squats, les ateliers et les écoles. De surcroît, il faut intégrer les espaces de répression ou de relégation que sont les commissariats, les tribunaux, les prisons, les bagnes, les centres de rétention ou les foyers d’exil. Enfin, on pourra aussi interroger les réflexions et les pratiques des géographies anarchistes, cherchant à modifier les représentations étatiques et aménagistes de l’étendue.
Axe 2. Espaces de discussions anarchistes
Le deuxième axe se concentre sur les différents lieux de production, de circulation, de discussion et de contestation des idées anarchistes. Il faut bien sûr souligner la place des imprimés, de leurs contenus comme de leurs matérialités propres, ainsi que leurs rôles dans la transmission des idées et imaginaires anarchistes. Toutefois, il s’agit également d’étudier les espaces organisationnels, comme les réunions, les comités de rédaction, les assemblées générales, les conférences ou encore les congrès nationaux ou internationaux, en tant que lieux de production idéologique. Dans une réflexion sur les espaces, on pourra en outre s’intéresser aux lieux imaginés, légendaires, mythologiques, utopiques ou dystopiques, et leurs contributions spécifiques au sein de la grammaire idéelle anarchiste. Enfin, il ne faudra pas oublier la question des freins, contraintes et dispositifs de censure imposés à ces espaces, dans la mesure où ils participent à façonner tant leur structuration interne, leurs relations que leur production idéologique.
Axe 3. Circulations, réseaux et mobilités
Troisièmement, il s’agit de suivre les liens entre individus pour mieux saisir les espaces qu’ils investissent et les relations se nouant entre ces espaces. Les anarchistes forment des réseaux transnationaux qui leur permettent de s’entraider, d’organiser leurs luttes, de diffuser leurs idées ou d’accueillir les personnes exilées. Des anarchistes investissent également des réseaux qui dépassent le milieu proprement anarchiste, en tant que militant·es (syndicalistes, anticolonialistes, pacifistes, socialistes, féministes, écologistes, etc.), professionnel·les, intellectuel·les ou artistes. Ainsi, ils participent à des espaces de discussion plus vastes, qu’ils tentent parfois d’aligner avec leurs intérêts militants ou idéologiques. Inversement, les États et les organisations internationales cherchent à entraver ou infiltrer les espaces et réseaux anarchistes, par des espions ou des agents provocateurs. On pourra donc aussi réfléchir aux stratégies qu’ils mettent en place, et aux réponses qu’y trouvent les anarchistes.
Axe 4. Mémoires et archives.
Enfin, on explorera les espaces et les pratiques d’élaboration, de conservation et de transmission des héritages de l’anarchisme. En effet, les anarchistes ont été des acteurs incontournables dans ces processus de mythification, via notamment des commémorations, de la martyrologie, voire du recueillement sur des hauts lieux militants. Elles et ils ont également beaucoup publié de témoignages, autobiographies et historiographies, sous des formes variées (livres, brochures, zines, pamplets, etc.). Les anarchistes ont en outre mis en place des centres d’archives autogérés et ouverts au public, dont beaucoup sont consultables en ligne. Par ailleurs, on pourra aussi examiner la manière dont les pouvoirs publics ont pu chercher à se réapproprier et à instrumentaliser la mémoire de l’anarchisme en lui dédiant des espaces (noms d’école ou de rue, plaques, statuaires, expositions). Enfin, il faut insister sur le fait que certains espaces anarchistes ont aussi été transformés par des phénomènes de touristification, de marchandisation ou de gentrification.
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Les propositions peuvent être envoyées en français ou en anglais, ne devront dépasser 500 mots, et seront accompagnées d’une notice biographique de 150 mots maximum. Elles devront être envoyées à espacesanarchistes@proton.me au plus tard le 26 juin 2026. Nos réponses vous seront envoyées avant le 15 septembre.
Les communications seront à envoyer dans un fichier PDF intitulé comme suit : NOM_Titre.pdf
Les organisateurs du colloque auront à disposition un fonds pour subventionner (au moins partiellement) la participation de personnes n’ayant pas accès à des financements institutionnels. Si vous souhaitez bénéficier de ce fonds, veuillez l’indiquer dans votre proposition ou le courriel qui l’accompagne.
Comité d’organisation :
Sarah Albientz (Université de Haute-Alsace)
Claire Aniel-Buchheit (Sorbonne Université)
Thomas Beugniet (Université de Nantes)
Thomas Caubet (Université Paris Cité)
Léo Grillet (Sciences Po Paris)
John-Erik Hansson (Université Paris Cité)
Léo Laglenne (Université de Picardie Jules Verne)
Image courtesy of Freedom Press and Edmund Trueman
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