visuel axe 3L’axe 3 envisage les regards sur l’altérité, et notamment sur les communautés, comme des constructions évolutives et dynamiques, mettant en jeu des phénomènes de catégorisation divers et de circulations qui sont autant de miroirs de la société ou de l’institution qui les produit, et dont la complexité justifie une approche pluridisciplinaire particulièrement sensibles aux questions de discours, de perception, d’imaginaire.

La construction de l'Autre et la construction de soi


Il s’agit ici de développer des analyses positionnées fermement dans la transdisciplinarité, entre études littéraires, historiques et civilisationnistes, autour de l’édification de figures de l’altérité en particulier dans les constructions politiques et sociales issues des échanges atlantiques. La première approche est celle des imaginaires de l’autre : constructions mythiques, généalogiques, raciales de l’altérité. Ce thème comprend en particulier l’exploration de plusieurs types de représentations édifiées face à l’altérité, que celle-ci s’incarne dans des peuples, des communautés, des groupes divers. Nous envisageons ainsi la question de la mythification de l’altérité, de sa représentation dans les politiques éducatives, de la valorisation des racines mythiques des peuples, des cultures, des civilisations. En miroir de ce discours sur l’altérité, il nous faut étudier les modalités de la construction politique des communautés en commençant par la dimension juridique pouvant déboucher sur des interrogations sur la citoyenneté. Nous devons y ajouter les dynamiques des constructions mythologiques et littéraires avec leurs mises en scène politiques, festives, mémorielles et symboliques dans les tentatives de construction d’un mythe national et les débats contemporains sur les identités européennes dans le cadre du processus d’unification politique du continent. Les différents types de patrimoine (matériel, culturel) sont encore une dimension à prendre en compte.

Transfert des idées et des représentations


La construction de l’altérité bénéficie ici d’une approche transdisciplinaire dynamique, visant à discerner les circulations des modes de description ou de désignation de l’altérité, mais aussi des discours sur le monde. Nous voulons nous interroger sur l’altérité lointaine, par la distance comme par la culture à partir de textes littéraires et de discours médiatiques. Dans cette perspective, l’écriture du voyage et de la migration tient une place importante, à la rencontre des spécialistes de littérature et d’histoire. La diversité extrême des motivations, des époques et des conditions de voyage ne contrarie pourtant pas l’unicité de leur geste, celui de la construction d’un discours qui, dument contextualisé, révèle les attentes, les a priori, les découvertes et les ressorts internes de la vision d’un passage du lieu connu à l’altérité parfois radicale. Là encore, les circulations transatlantiques sont au cœur de cette analyse, qui doit aussi embrasser les autres espaces de circulation maritime et terrestre. Dans cette grande dynamique des circulations nous voulons faire une place particulière à tout ce qui touche le domaine religieux envisagé comme un ensemble de pratiques et de conceptions qui fondent et organisent les rites et les cultes, mais également les comportements et les discours.

L'Ethno-géopolitique des Empires


Cette thématique entend explorer toutes les relations entretenues par les empires à l'égard des peuples, communautés, groupes, en interne comme en externe. Il s’agit donc d’interroger la notion d’empire et ses évolutions, par le biais du traitement des communautés. Nous devons d’abord porter notre attention sur les dénominations des peuples et sur leur construction ethnographique à travers les qualités et les défauts qui leur sont prêtés, notamment dans l’art de la guerre. Là encore, nous nous partons de l’entreprise coloniale au sein de l’espace atlantique en insistant sur le développement des modèles raciaux. Cette direction de recherche se focalise sur l’instrumentalisation politique des enjeux culturels, en fonction de la nature des constructions politiques qui établissent les conditions de cette instrumentalisation. On cherche par là à creuser la notion d’empire, et ses évolutions historiques, par le biais d’une méthodologie comparatiste. Il nous faut ainsi envisager l’Empire comme construction politique à visée expansionniste dont la mise en œuvre peut aboutir à une mutation du rapport aux communautés. Plus largement, cette thématique aboutit à des choix, historiquement attestés, relatifs aux « minorités » : ces choix hésitent entre intégration, acculturation, cohabitation, judiciarisation ; l'Empire peut-il assimiler des minorités, le veut-il seulement ? Il s’agit également d’interroger les alternatives à la destruction ou à l’assimilation : la marginalisation, la folklorisation, et d’éventuelles autres manifestations d’un regard surplombant (sinon méprisant et dominateur) sur les minorités.

Coordinateurs de l'axe 3 :