• Le 03 juin 2022
    Cité des Congrès de Nantes
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Dans le cadre des Journées scientifiques, organisées par Nantes Université, Alain MESSAOUDI, Maître de conférences HDR d'histoire contemporaine au CRHIA, vous invite à la journée d'études sur le thème :

Transmission des savoirs et des imaginaires entre le Nord de l’Afrique et l’Europe (XIXe-XXIe siècle)

Cette journée propose d’étudier les modalités de transmission des savoirs et des imaginaires entre le Nord de l’Afrique et l’Europe, à travers des cas plus précisément centrés sur les circulations entre l’Algérie et la Tunisie d’une part, la France d’autre part. En s’appuyant sur une mise en perspective historique des échanges depuis le XIXe siècle, cette journée doit contribuer à développer une réflexion sur leurs transformations et les conséquences du tournant des décolonisations.

Après une matinée consacrée à la discussion de travaux de recherche en cours, dans la perspective de la préparation d’une publication collective, l’après-midi sera consacré à un débat plus largement ouvert, où seront abordées la question de production des savoirs depuis les indépendances et celle de leur circulation au-delà des frontières du monde académique.

 

Vendredi 3 juin 2022. Matinée : atelier de travail (9 h 30-12 h30)

La matinée permettra de discuter quatre recherches doctorales ou postdoctorales en cours (discutants : Luc Chantre, Université Rennes 2 et Aurélia Dusserre, Aix-Marseille Université).

  • Kahina Mazari, IMAF-EHESS, Les enjeux de la patrimonialisation des vestiges archéologiques en Algérie

La présentation abordera les enjeux du passé romain de l’Algérie, objet d’une captation par les autorités françaises coloniales, et les modalités de ses réappropriations, à travers la question de l’accès aux sites, aux objets, et de l’intégration dans des institutions scientifiques internationales. On s’interrogera sur les effets de l’usage du numérique, les réseaux sociaux constituant un nouvel espace de production et d’intervention sur le patrimoine archéologique.

* Chabha Bouslimani, Université Paris 1, Les Algériens en France, une mémoire hors lieux ? Analyse du documentaire Une vie brûlée

Récit de migrance, récit de colonisation, remémoration et imaginaire social de Paris au XXe siècle, celui des cafés algériens, le documentaire de Ramdane Iftin et Sami Allam, Une vie brûlée, consacré à la chanteuse algérienne Hnifa (1924-1981), offre une plongée symbolique dans les mécanismes de la mémoire collective, de la mémoire culturelle des Algériens. Leur présence culturelle dans Paris, ville où leurs lieux ont disparu, leur va-et-vient entre Alger et Paris, nous invitent à nous interroger sur les représentations du passé et à repenser la question mémorielle. L’étude critique de cette œuvre, qui donne à lire les rapports entre mémoire et art, permet d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche.

* Lydia Haddag, Université Paris 1, Écrire une histoire de l’art algérien : enjeux et perspectives

Cette présentation propose de dresser un état des lieux de la recherche sur l’histoire de l’art algérien et de sa dimension internationale. Notre choix part d’une première observation : durant les vingt dernières années, les thèses consacrées à l’histoire des arts plastiques algériens sont, dans leur grande majorité, réalisées dans des universités françaises et occidentales. Par ailleurs, la valorisation des productions scientifiques se fait le plus souvent par le biais de financements internationaux. Comment expliquer l’absence de parcours doctoraux et postdoctoraux nationaux soixante ans après l’indépendance du pays ? Peut-on parler d’une crise de légitimité dont pâtirait cette discipline née dans un contexte colonial ? Pour apporter des réponses à cette question, nous identifierons les enjeux culturels et politiques liés à la recherche en l’histoire de l’art, ainsi que les défis auxquels font face les chercheurs locaux et étrangers qui ont pour terrain d’étude l’Algérie. Trois objets d’enquêtes seront privilégiés : l’École supérieure des beaux-arts d'Alger, pierre angulaire de l’enseignement de l’histoire de l’art en Algérie ; les archives publiques, leur accessibilité et la question de leur patrimonialisation/numérisation ; les partenariats institutionnels intra-maghrébins et euro-maghrébins.

* Hinde Maghnouji, IMAF-EHESS, Des imaginaires brisés. Représentations du départ et réalités migratoires des jeunes de Zarzis

Ce travail propose d’aborder le phénomène migratoire de mineurs originaire de Zarzis pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en France. Si les raisons du départ sont toujours multiples, nous constatons, dans le cadre des entretiens réalisés avec ces jeunes, qu’il se dessine un imaginaire de la migration qui participe au départ. Nous proposons de revenir sur la construction et les formes prises par cet imaginaire du départ pour essayer d’analyser de quelles façons il contribue à faire du partir une idée obsédante. Exister, c’est partir. Or, la confrontation à des réalités qui ne correspondent pas à cet imaginaire apporte son lot de blessures et de violence, qui s’ajoute à l’effroi provoqué par les routes de l’exil. En nous fondant sur une série d’entretiens et d’observations réalisés en région parisienne, nous travaillerons à mettre en perspective ces trajectoires migratoires et ces mineurs qui se retrouvent pris au piège d’un imaginaire qui se referme sur eux.



Vendredi 3 juin 2022. Après-midi : tables rondes : savoirs et mémoires de l’Algérie (14 h-17 h 30)

Le 60e anniversaire de l’indépendance nous offre l’occasion de dresser un bilan de la production de savoirs sur l’Algérie contemporaine et de leur médiatisation depuis deux générations.

  • Table-ronde 1 : Nouvelles perspectives historiographiques sur l’Algérie (modération : Alain Messaoudi) (14-15 h 30)

Claire Fredj, Institutions et Dynamiques Historiques de l'Économie et de la Société (IHDE.S), Paris Nanterre ; Isabelle Grangaud, Centre Norbert Elias, Marseille [en visio] ; Amar Mohand-Ameur, Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), Oran/Institut d’études avancées (IEA) de Nantes ; Malika Rahal, Institut d’histoire du temps présent (IHPT), Paris [en visio] ; Adel Sanai (Université de Gabès, Tunisie).

La première table ronde sera consacrée à une présentation des caractéristiques de la production historiographique actuelle. On montrera comment elle réinterroge les cadres dans lesquels on a le plus souvent inscrit la guerre d’Indépendance algérienne, sur laquelle se sont longtemps concentrés de nombreux travaux, la façon dont se sont renouvelées les approches de la période coloniale, et les modalités de l’écriture de l’histoire de l’Algérie indépendante, avec une grande diversité de sources.

  • Table ronde 2 : Savoirs et mémoires algériennes : quelles médiatisations ? (modération : Kahina Mazari) (16 h-17 h 30)

Camille Faucourt et Florence Hudowicz, Mucem, Marseille [en visio] ; Nicolas Collen et Khadija Nemri (Association des mémoires algériennes, Nantes) ; Amina Far (Centre culturel algérien, Paris) ; Sonia Franco et Lina Soualem, cinéastes documentaristes.

La seconde table ronde donnera l’occasion de discuter, en présence d’acteurs des champs associatifs et culturels de la médiatisation des savoirs en France et de leurs interrelations avec les mémoires. On abordera cette question à différentes échelles à travers l’enseignement général, d’expositions (« Abd el-Kader » au Mucem à Marseille, « Mohammed Dib et l’art », et « Algérie mon amour. Artistes de la fraternité algérienne (1953-2001) », respectivement au Centre culturel algérien et à l’Institut du monde arabe à Paris, ou le projet sur la poésie algérienne proposé par l’Association des mémoires algériennes à Nantes), de lieux de mémoire (comme l’Ile Sainte-Marguerite au large de Cannes). Nous l’aborderons aussi au travers de la production de films documentaires historique, comme la série En guerre(s) pour l'Algérie par l’INA et Arte, mais aussi celles où l’histoire intime croise l’histoire sociale et politique de l’immigration comme les réalisations de Sonia Franco (Mes voix, 2019) et Lina Soualem, (Leur Algérie, 2021).