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Esclavages et couleurs dans les villes et les sociétés urbaines d’Afrique, des Amériques et d’Europe, 15ème – 19ème siècles

Du 23 Novembre 2017 à 09:00 au 24 Novembre 2017 à 18:00

Axe 1 : HOMMES, BIENS ET SAVOIRS EN CIRCULATIONS : INTERCONNEXIONS ET RECONFIGURATIONS

Antonio DE ALMEIDA MENDES, MCF en histoire moderne au CRHIA (Université de Nantes) en délégation à l'IEA-Nantes en 2017-2018, et Clément THIBAUD, Professeur d'histoire contemporaine (EHESS), organisent le colloque final du projet STARACO sur le thème :

Esclavages et couleurs dans les villes et les sociétés urbaines d’Afrique, des Amériques et d’Europe,

15e-19e siècles

Après de nombreux travaux consacrés aux sociétés esclavagistes ou à esclaves d’Europe, d’Afrique et des Amériques, ce colloque tentera d’apprécier en quoi les villes de ces espaces ont pu être, du XVe au XIXe siècles, les lieux d’une reconfiguration spécifique des rapports sociaux. On s’intéressera en particulier à la diversité des formes qu’ont pu prendre les sociétés urbaines et aux dynamiques qui les ont générées. De manière particulière, on tentera de savoir si la proximité ou l’éloignement du pouvoir politique ont été des facteurs d’accélération ou de ralentissement des processus d’exclusion, d’accommodements ou d’intégration des populations cosmopolites et inégales des villes étudiées. Les périodes de changements institutionnels majeurs (changements de souveraineté, révolution, guerre d’indépendance, abolition de l’esclavage…) seront singulièrement explorées. Au-delà du contexte portuaire, perçu d’un point de vue historiographique comme fondamental, on essaiera également de mettre en évidence l’influence spécifique des autres dynamiques économiques (industrielles, artisanales ou commerciales). Le colloque s’attachera également à analyser les traductions spatiales de ces relations complexes. Du quartier à la maison, il tentera d’apprécier les structurations spécifiques des espaces économiques, politiques, culturels et domestiques qu’elles ont générés, en mettant en valeur les dynamiques induites par les différentes composantes et institutions de ces sociétés. Les flux de populations exogènes, aux origines lointaines, ou proches, ainsi que l’apparition progressive d’individus de couleur, de statuts et de niveaux économiques plus élevés, ont-ils entraîné une recomposition spécifique nouvelle des sociétés urbaines de l’espace d’étude ? Enfin, on s’intéressera à l’évolution de ces questions et on tentera notamment de savoir si les changements de souveraineté, les indépendances, les abolitions de l’esclavage ont modifié les pratiques et les usages urbains. Le colloquera tentera enfin d’explorer les aspects culturels de la question, en s’interrogeant sur d’éventuelles expressions matérielles et spirituelles des clivages et des accommodements de ces sociétés. On explorera notamment les diverses formes de sociabilité, profanes ou sacrées, qui seront appréciées comme des temps et des lieux de construction des sociétés urbaines, au travers de logiques de convivialité et de conflictualité.

Tout en prenant la mesure de la diversité des sociétés urbaines et des cultures américaines, européennes et africaines, nous tenterons d’offrir une typologie des espaces de colonisation en fonction de la place occupée par ces différents groupes ethniques dans l’émergence et la structuration des sociétés enfantées par la colonisation. Les XVIIIe et XIXe siècles incitent à interroger également les sociétés post-esclavagistes et la question des héritages et des recompositions sociales dans les sociétés urbaines, avec l’arrivée de nouveaux acteurs sociaux (engagés, etc). L’enquête aura une portée « macro-historique », avec l’étude des transferts culturels et des circulations qui ont durablement marqué de leur empreinte ces nouvelles sociétés ; elle sera aussi « micro-historique », avec l’étude ponctuelle des influences culturelles à l’échelle non plus des sociétés urbaines dans leur ensemble mais des groupes sociaux ou des individus. Nous nous appuierons pour ce faire sur une discussion critique des différents concepts utilisés dans les historiographies américanistes pour penser les échanges culturels (créolisation, métissage, acculturation, transculturation, bi-culturalité, transferts culturels, middle ground, mimétisme, etc.) et les situations qui y président (politiques de « civilisation » et d’évangélisation, Frontière, centre/périphérie, borderlands, etc.).

Le programme sera disponible prochainement.

Pour aller plus loin :


Lieu : Université des Antilles, campus de Schoelcher
Partenaire : STARACO - STAtuts, RAces et COuleurs dans l'espace atlantique de l'Antiquité à nos jours, Région Pays de la Loire, Université des Antilles (AIHP-GEODE), Collectivité Territoriale de Martinique, Ministère de la Culture (DAC Martinique), CIRESC, INRAP
Contact : Aanor LE MOUEL : aanor.lemouel@univ-nantes.fr