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L'échange colombien et l'échange microbien

May 06, 2015

Deux membres du CRHIA-Nantes, Clément Thibaud, MCF HDR en histoire moderne et contemporaine, et Camille Pollet, doctorant en histoire moderne, ont récemment participé au Labo des Savoirs.

Clément Thibaud est intervenu avec Cécile Brun et Claude Guintard sur le thème "L'échange colombien"

Le 12 octobre 1492, l’expédition menée par Christophe Colomb atteint les Antilles et ouvre une page nouvelle dans l’histoire mondiale. Tout au long du XVe siècle les continents américains sont mis relation avec le reste du globe, Les Portugais ouvrent les routes de l’Asie ; les Espagnols s’approprient les richesses du Nouveau Monde. Dans les cales de leurs navires circulent les hommes, les bêtes, les plantes et les microbes.

L’échange colombien est l’un des plus grands échanges biologiques de l’histoire. En un siècle, toutes les plantes cultivées changent de continent. L’orange passe de la Chine à l’Europe, puis à la Californie ; la pomme de terre et la tomate s’exportent avec le succès qu’on leur connait. Cette première mondialisation bouleverse les cultures et les paysages. Jamais les espèces n’avaient circulé à une telle vitesse.

Ce grand échange, l’historien américain Alfred Crosby l’a nommé Échange Colombien dans un livre éponyme paru en 1972. Dans ce travail de recherche, l’écologie, la botanique, la microbiologie accompagnent les sciences humaines et sociales. Ce livre est une étape important dans la construction de l’histoire environnementale, cette histoire qui laisse une place légitime à des acteurs majeurs de l’Histoire comme les végétaux, les microbes ou le climat.

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Camille Pollet est intervenu sur le thème "L'échange microbien"

L’empire aztèque comptait probablement une quinzaine de millions d’habitants avant la conquête espagnole. En quelques décennies, 60 à 80% de cette population disparait. Ailleurs sur les continents américains, il est possible d’observer des cataclysmes démographiques similaires. Si les conquistadors sont bien les vecteurs, la cause de ce désastre ce sont les microbes et les bactéries.

Dans les circulations atlantiques qui s’installent aux du XVIe siècle, les micro-organismes n’ont aucun mal à prendre part au voyage. Le circuit est presque à sens unique. Les Européens ramènent la syphilis ou la maladie de Chagas, les Amérindiens subissent, eux, de plein fouet la variole, le choléra, la tuberculose, la grippe, la peste, la vérole, le paludisme.

Maladies inconnues au Nouveau Monde, ces virus et bactéries dévastent des populations presque sans défense. Pour comprendre l’effondrement des empires mésoaméricains et le déclin démographique des populations amérindiennes, il faut intégrer ces microbes dans le rapport d’enquête.

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Lieu : Nantes
Partenaire : Le Labo des Savoirs
Contact : clement.thibaud@univ-nantes.fr et camille.pollet@univ-nantes.fr